Ah là c'est parti ! Finies les randos de chochottes et les ptites balades en VTT de rien du tout... on attaque un gros morceau : l'ascension de Phu Kradung i.e. le 2ème plus beau parc national de Thaïlande (dixit le Routard). Au programme : 900m de dénivelé sur 5.5km de distance (dont 500m de plat au milieu). Dixit le Routard toujours, ça fait une moyenne de 20% (on n'a pas vérifié... si quelqu'un veut calculer... je pense qu'il trouvera facilement une meilleure façon de s'occuper...), mais je sais pas trop si ça vous parle comme données.
Pour ce qui est de l'impression quand on le monte, ben c'est assez violent, surtout qu'on porte sur nos épaules un sac conséquent permettant de tenir une nuit là haut (matériel de camping non compris). Certaines sections sont faites de pseudos escaliers en roche, et sur le dernier tronçon d'1,3km (le plus pentu), il y a carrément des escaliers métalliques dont l'inclinaison n'est pas sans évoquée sa proche cousine l'échelle.
Il nous faut 3heures d'efforts et de pauses banane-chocolat (des petites bananes « finger » trop bonnes ! Surtout avec du chocolat !! Ca donne envie de faire de longs et pénibles efforts juste pour ça ! Christèle rend le clavier à Pascal !).
Reprenons, il nous faut 3heures d'efforts pour en venir à bout et arriver sur un paysage pas banal vu le contexte : un plateau plat de chez plat ! On dirait carrément qu'une force supérieure de la nature est arrivée et a coupé bien net bien horizontal le sommet du mont. En plus, alors que sur le dernier kilomètre la végétation était luxuriante, c'est une pinède qui se présente à nous. A vrai dire c'est plutôt pas mal puisqu'il reste encore 3.5km de marche pour rejoindre le campement et les restos. La faim est un excellent moteur et c'est en moins de 45min que nous parcourons le reste de notre chemin, pas peu fiers de notre ascension !
Une fois rassasiés, nous partons pour une petite boucle de 8km de plat à la recherche de « tapis de fleurs » avec une mare en point de mire. A peine partis, un grand bruit sourd s'élève : il s'agit du galop d'un cerf qui jaillit du bas-côté à 10m de nous et s'enfuit dans la forêt. Impressionnant !
C'est avec déception (enfin surtout Cricri moi franchement les fleurs...) que nous découvrons un paysage à tendance très verte, parsemé de quelques fleurs en bordure de route,... mais point de tapis ! La végétation n'en est pas moins magnifique et a quelques allures de savane africaine.
Là, la lutte commence pour nous. On est partagé entre l'envie de faire demi-tour et rentrer broucouille en ce qui concerne les tapis ou persévérer toujours un peu plus loin, juste au cas où. Plus nous avançons et plus nos pas sont lourds. Parfois même nous trébuchons. Nos cuisses sont fatiguées et nos pieds usés. Nous finissons par abdiquer. Nous dépassons à peine cette mare qui sera notre oasis de repos et l'occasion d'assister à un nouveau coucher de soleil absolument magnifique (du orange, du rose, du violet !).
Le chemin du retour est fait le plus vite possible. Nous sommes comme portés par l'énergie du désespoir.
Un campement désert, rien à y faire et une journée de rando éreintante nous mettent au lit à 21h, ce qui ne m'était plus arrivé depuis octobre 84. Enfin nous mettre au lit... l'expression est assez inexacte puisque nous n'avons pas de lits, pas de matelas non plus. Un tapis de sol peut-être ? Mais non malheureux, ici c'est le camping le vrai, le pur le dur! Celui où on se douche à l'eau froide avec une grenouille et des fourmis volantes (véridique). Ici on dort à même le sol et on remercie de ne pas avoir de racine dans le dos. Et pour bien rappeler qu'ici c'est un parc naturel, j'ai même eu le droit à la visite d'un faon qui est venu brouter à côté de la tente (et même la renifler un peu) pendant que Cricri prenait sa douche.
11h plus tard nous nous levons en plutôt bonne forme compte tenu des événements. Ca tombe bien puisque le programme est certes allégé par rapport à la veille, mais nous avons tout de même 9km à faire, avec surtout la re-descente de ce qu'on a grimpé la veille.
On l'a crainte cette descente, on s'était préparé mentalement à passer un moment pas forcément agréable. Le peu que l'on puisse dire c'est qu'on s'est pas trompé. La fatigue musculaire est bien là : nos cuisses tremblent à chaque pas ce qui ne nous met pas dans un climat de confiance. Au bout de 2 heures, le genou de Cricri nous lâche, à 4km de l'arrivée. Plus possible de plier la jambe, ce qui représente un certain handicap pour l'activité physique demandée. Les derniers kilomètres sont un calvaire, la chaleur se fait de plus en plus présente à mesure que l'altitude faiblit (bliiiiiiii). Nos muscles sont de plus en plus raides. Bref on en a MARRE !
On finit tout de même par en voir le terme au bout de 4h d'efforts, complètement à bout de force aussi bien physiquement que mentalement.
Des douches nous attendent en bas qui nous apporterons une première dose de réconfort et de bien être (accompagnée de cet énooooorme soulagement au moment où nous enlevons nos chaussures et chaussettes pour laisser nos doigts de pieds reprendre en peu l'air et de la distance entre eux).
Au final nous aurons parcouru 26km et 1800m de dénivelé en l'espace de 28heures. Beaucoup trop pour nos organismes qui vont mettre plusieurs jours à s'en remettre.
Donc voilà, c'est décidé, on retourne au Laos et on GLANDE !
Glandez bien vous l'avez mérité!
RépondreSupprimerEt puis pour faire des jeux de mots pourris comme "moultes" sans frite... fallait être très fatigué ou inconscient! c'est de qui? Pascal ou Christèle? meme moi après trois ti-punch j'aurais pas osé!
bisous
Béééé alors ?
RépondreSupprimerpourquoi t'as pas tué le faon ? vous n'aviez plus faim ?
Olivier
??? toujours en grand repos???
RépondreSupprimerpas de news depuis une semaine...que devenez-vous?
Genoux rétablis? Forme revenue?
Bises
Pour le faon, trop fatigué donc la flemme de fabriquer une lance empoisonnée et puis j'avais pas pris mon cyanure...
RépondreSupprimerPour la suite des posts, ça vient ne vous en faites pas :)
La forme est revenue, même si elle a mis le temps...